Crowley Aleister - Le livre du rassemblement des Forces


Auteur : Crowley Aleister (Crowley Edward Alexander)
Ouvrage : Le livre du rassemblement des Forces (La Magie Enochienne de la Golden Dawn) suivi du LIBER LXXXIV Vel Chanokh et d'un extrait de La Vision et la voix
Année : 1994

Lien de téléchargement : Crowley_Aleister_-_Le_livre_du_rassemblement_des_Forces.zip

PRÉFACE. LA MAGIE ENOCHIENNE : MYSTÈRE & FASCINATION De tous les systèmes connus dans l'univers magique, le système dit "énochien" est certainement le plus original sur plus d'un point. Cette originalité est sans doute responsable de la fascination qu'exerce sa pratique sur les ésotéristes modernes. Plusieurs de ses spécificités sont à étudier afin de pouvoir se retrouver en terre énochienne, souvent mêlée de manière indistincte à celle des autres systèmes magiques connus. I) Genèse du système Tout d'abord, il est à noter que toutes les bases du système magique énochien ont été établies par deux personnes au cours de cérémonies dont le but était l'établissement d'un contact direct entre les opérateurs et l'Éternel en personne. Ces deux chercheurs étaient le mathématicien et astrologue de la Reine Élizabeth, John Dee (1527-1608), et le clerc de notaire (véreux mais clairvoyant) Edward Talbot, dit Kelley ou Kelly (1555-1595). John Dee était sans doute l'un des plus importants cerveaux européens de son temps. À dixhuit ans, par exemple, il enseignait la géométrie d'Euclide à la Sorbonne ; ami du géographe Gérard Mercator, il avait inventé plusieurs instruments de mesure de navigation, encore conservés au British Museum. Il avait constitué l'une des plus importantes bibliothèques de son époque : son catalogue recensait quatre mille volumes dans tous les domaines de la connaissance, on trouve par exemple dans ses rayons religieux la Bible Catholique Romaine à côté de celle de Luther, du Coran... Dee connaissait également les grimoires et toute la tradition Magique. Il possédait les trois écrits majeurs (pour l'occultiste) de l'Abbé Jean Trithème : la Poligraphiae, imprimée à l'époque, la Stéganographie, encore manuscrite mais déjà célèbre, et le petit Traité des Causes Secondes. Dee se défendait, sans doute en toute honnêteté et non pour se protéger de l'intolérance régnante, d'exercer la magie. Pour lui, son but était religieux ; seulement, insatisfait de puiser le savoir dans les livres, il voulait, comme Énoch qui vit Dieu face à face (et qui ne revint pas précise la légende), établir un contact direct sans intermédiaire, avec le Créateur. Pour ce, Dee utilisait un procédé magique assez classique qui trouvera sa forme la plus dégénérée dans le spiritisme : l'opérateur fait des prières et des invocations et un médium se concentre sur un cristal entouré de symboles permettant en principe de garder un contrôle sur la direction donnée au travail. John Dee expérimentait dans ce domaine en compagnie de divers médiums avec plus ou moins de succès jusqu'au jour où se présenta chez lui, à Mortlake, le 10 mars 1582, un certain Edward Kelly. Ils se mirent au travail et immédiatement des résultats se produisirent : le jour même l'archange Uriel commença ses révélations. La réussite eut de graves conséquences depuis ce jour jusqu'à la mort prématurée de Kelly, les deux hommes devront travailler sans relâche malgré les difficultés croissantes et une relation orageuse, due au tempérament du médium. Edward Kelly s'appelait en fait Talbot. Ses démêlés avec la justice lui valurent d'avoir les oreilles coupées, ce qui ne l'empêchât point d'entendre les communications célestes... et il préféra alors changer de nom. Waite, dans sa préface aux écrits de Kelly, raconte comment ce dernier avait trouvé dans l'église de Saint Dustan des textes alchimiques accompagnés de deux flacons de poudre, l'une rouge et l'autre blanche, permettant la transmutation d'une assez grosse quantité d'or. Il n'est pas impossible qu'il y ait une certaine réalité dans cette histoire. D'ailleurs, l'emprisonnement de Kelly à Prague par le souverain Rodolphe - il décédera au cours de la chute qui conclut sa tentative d'évasion - est en relation avec ses prétentions à la réalisation de l'Oeuvre, sans pouvoir les étayer de preuves. Kelly semble être le type même du mystérieux initié fascinateur, héros et scélérat que l'on retrouvera dans les siècles qui suivront, au même titre que St Germain ou Cagliostro. Dans l'association de ce vieux sage qu'était le docteur Dee et de ce jeune mystificateur mais réel médium (techniquement parlant, c'est peut-être l'un des plus grands à ce jour) qu'était Kelly, il est remarquable que les nombreuses tensions n'aient pas été plus nuisibles au travail entrepris. En fait de travail entrepris, il faudrait plutôt parler de travail entreprenant car il ne semble pas que les "êtres" du système énochien aient laissé de repos à leurs interlocuteurs jusqu'à leur mise hors d'état de travailler (la mort brutale pour Kelly, la déchéance politique et sociale pour Dee). Heureusement pour la postérité, Dee était un homme méthodique et toutes les séances furent méticuleusement consignées : il ne nous reste pas seulement les textes et figures du système mais aussi la démarche des opérateurs, la succession des expériences et les anecdotes de leurs vies. Les journaux magiques et intimes de Dee disparurent à la mort de ce dernier, son fils Arthur passe pour avoir oeuvré à l'Alchimie mais aucune trace ne nous permet de penser qu'il ait continué le travail magique de son père. Or, en 1662, le père de la maçonnerie anglaise, Elias Ashmole (1617-1692), entre en possession des manuscrits miraculeusement conservés dans le tiroir secret d'un coffre de cèdre, lequel survécut par chance au grand incendie de Londres. Le propriétaire les échangea à Ashmole contre des documents de l'Ordre de la Jarretière. Très curieux de cet aspect de Dee alors inconnu (mis à part le livre du Dr Rudd "A treatise on Angel Magic" et la publication, critique mais d'importance majeure par Meric Casaubon en 1659, des journaux des dernières années de travail s'intitulant "A true and faithfull relation of what passed for many years between John Dee... and some spirits" (1)), Ashmole étudia les textes et les recopia mais il ne semble pas s'en être servi dans l'établissement des rites maçonniques qu'il élaborait et dirigeait. Après Ashmole, une tradition à sensibilité rosicrucienne se dessine en Angleterre (Dee ayant vécu avant la période historiquement connue de ce courant, on ne peut raisonnablement le qualifier de participant à cette aventure quoique son travail, notamment son livre "La Monade Hiéroglyphique" - Anvers, 1562 - ait certainement inspiré les auteurs des trois manifestes R+C), elle comptera entre autres Francis Barrett, Frédérick Hoackley et Kenneth Mc Kenzie. Mais pas plus dans le "Magus" de Barrett (paru en 1801) que dans les journaux magiques de Hoackley (lequel utilisait une technique très proche de celle de Dee) ou même dans les écrits de Mc Kenzie on ne trouve trace du système angélique ou du langage "énochien". Il est donc possible que l'originalité et la complexité du matériel - à moins que ce ne soit la violence des résultats - aient rebuté ces praticiens. Pour conclure cette partie, signalons l'excellente étude de l'épopée de Dee et Kelly qu'a faite Gustav Meyrink dans son roman "L'Ange à la fenêtre d'Occident". Meyrink semble avoir eu connaissance des Journaux de Dee par l'intermédiaire de son correspondant londonien WilliamWynn Westcott dont il est question dans la partie suivante. L'étude de Meyrink semble avoir beaucoup influencé le principal auteur sérieux sur la magie énochienne en France : Gérard Heym (voir "Le système magique de John Dee" in La Tour Saint Jacques n° 11 & 12 1957, ou dans le Cahier de l'Herne consacré à Meyrink où cet article se trouve reproduit). Gérard Heym qui aurait été pressenti pour succéder au collaborateur de Westcott : "McGregor" Mathers, dans son temple Ahathoor n° 4 à Paris. II) La redécouverte et le travail de la Golden Dawn (2). En 1888, trois éminents maçons issus de la Societas Rosicruciana In Anglia (S.R.I.A.) fondèrent, à partir d'inspiration spirituelle d'une part et de faux documents d'autre part, un ordre qui, pour avoir la lourdeur d'une société secrète traditionnelle, a le mérite d'avoir établi un système pratique permettant l'étude de la magie et, dans le meilleur des cas, une autoinitiation authentique (non prévue dans le curriculum et donc gratuite...). Le symbolisme servant de base aux rites de l'ordre est d'inspiration rosicrucienne (j'entends par ceci les trois manifestes historiques : La Fama Fraternitatis Chymique de 1616, la Confessio Fraternitatis de 1615, les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz de 1615, et quelques textes très proches comme l'Amphithéâtre de l'Éternelle Sagesse de Henri Kunrath de 1609, ou la Monade Hiéroglyphique de Dee justement) avec également quelques influences de la Théosophie. Ces trois maçons étaient : - Le Dr Woodman - mourant en 1891, il laissa sa place vacante dans la symbolique trinité hiérarchique. - Le mage suprême de la S.R.I.A. W.W. Westcott (1848-1925). - Le jeune praticien Samuel Mathers (1854-1918). Mathers est responsable par son travail opératif de l'établissement du matériel à partir de bribes de rituels venant peut-être de McKenzie, l'élève impétueux de Hoackley et membre de la S.R.I.A. lui aussi. L'ordre était divisé en deux : l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée ("The Hermetic Order of the Golden Dawn") ou ordre extérieur, et l'Ordre de la Rose Rouge et de la Croix d'Or ("Rosæ Rubæ & Auræ Crucis"), l'ordre intérieur. ...

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