Steiner Rudolf - Pensées durant ce temps de guerre


Auteur : Steiner Rudolf
Ouvrage : Pensées durant ce temps de guerre Pour les Allemands et ceux qui ne croient pas devoir les haïr Suivi d’extraits de « Lettre à un ami d’Allemagne » d’Ernest Renan
Année : 1915

Lien de téléchargement : Steiner_Rudolf_-_Pensees_durant_ce_temps_de_guerre.zip

Une souffrance indicible et un profond deuil vivent actuellement dans l’âme des hommes, conjointement à une volonté de sacrifice, de courage, de vaillance et d’amour qui en cet incomparable moment historique, est réclamée. La conscience du combattant se durcit par la solidarité à redonner ce qu’il a reçu de plus précieux de la Terre. Il voit la mort en face avec le sentiment que la vie de chacun puisse être demandée comme acte suprême. Les pères, les mères et leurs fils, les épouses, les sœurs et les filles doivent, au travers d’une souffrance personnelle accueillir l’idée que le sang et la mort par le sacrifice nécessaire des hommes les élève jusqu’où il devient justifié. L’élévation du regard individuel posé sur l’existence relative humaine fait apparaître ce qu’il y a d’éternel au delà de l’aspect du moment. Cette attitude est demandée quant aux évènements de l’époque. Le pourquoi de ces évènements provient du sentiment qu’ils surgissent à l’aube même d’une nouvelle époque de l’humanité où ils trouvent la force de mûrir. Avec la compréhension que les hommes doivent chercher à saisir leurs erreurs ou alors aiment à se plonger dans ces poussées de haine. Pour certains, l’impression reçue est terrible lorsqu’ils comparent ce qui est vécu aujourd’hui avec l’évolution de l’humanité qui était autrefois envisagée avec confiance. Des hommes avaient compris comment exprimer avec un lien profond cette ancienne situation de l’humanité, ainsi Hermann Grimm, décédé en 1901, tel un subtil critique d’art sut-il trouver ces mots. Il compare le vécu d’autrefois avec ce qu’il a actuellement engendré. Il dit : » C’est comme si j’avais été transplanté dans un présent parallèle, en ayant seulement pris le minimum de bagage spirituel. Cette situation forcée me contraint à un effort de pensée nouvelle. Car les barrières qui séparaient les hommes se sont levées. Avec une légèreté ludique nos pensées s’entrecroisent à la surface de la terre et papillonnent des uns aux autres où qu’ils se trouvent. Cette découverte et l’utilisation de cette force nouvelle et naturelle réunit perpétuellement tous les peuples en un travail commun. De nouvelles expériences sous la pression de notre contemplation du visible et de l’invisible dans un échange constant et dynamique nous pousse à de nouvelles observations de l’évolution humaine ». Avant que la guerre éclate, chaque Européen portait ces sentiments en son âme. Et maintenant : qu’est-ce que ce temps de guerre en a fait, comment auront été stimulés ces sentiments ? N’est-ce pas comme si on devait montrer à l’humanité comment se présente le monde lorsque toutes ces influences cessent, comment le fruit de l’évolution se présente ? Et de plus cette guerre ne montre-t-elle pas au travers des horreurs, où mènent inéluctablement les conflits entre les peuples avec les moyens ultimes de destruction dernièrement développés ? Les sentiments tirés de ces évènements sont embrouillés. Avec ces évènements présents on aimerait pouvoir comprendre pourquoi beaucoup d’hommes ne peuvent réaliser que l’horreur et le mal existent dans la guerre de par la guerre même et pourquoi chacun décrit l’ennemi comme « barbare », alors qu’il est cruellement obligé d’utiliser les moyens de guerre que notre temps a forgé. Des expressions pleines de haine, prononcées par des personnalités dirigeantes parmi les peuples actuellement en guerre contre l’Allemagne condamnent les Allemands : comment vibrent les âmes qui ressentent comme véritable sentiment allemand, la soif de la vie que Hermann Grimm a établi vers le début du siècle comme conception fondamentale de l’humanité contemporaine. Il a écrit : « La solidarité des convictions morales de l’humanité est l’Église qui aujourd’hui, nous réunit tous. D’une manière plus passionnante que jamais nous cherchons à exprimer d’une façon visible cette communauté. Tout réel effort sérieux des gens ne connaît que ceci comme but. La séparation des nations n’existe déjà plus ici. Nous ressentons que les différences nationales ne tiennent pas en face de la conception éthique mondiale. Nous tous ferions un sacrifice pour notre Patrie. Ce moment auquel nous aspirons, où nous nous dirigeons, qui peut arriver néanmoins par la guerre, nous en sommes bien loin. L’assurance de maintenir la paix qui est notre vœu le plus sacré n’est pas un mensonge. Le « Paix sur terre aux hommes de bonne volonté » nous imprègne. Les habitants de notre planète, pris comme un tout, sont emplis d’un sentiment subtil et parfaitement compréhensible... » Tous les êtres humains se reconnaissent soumis à un tribunal invisible, trônant sur les nuages, devant lequel ne pas être autorisé à se tenir est considéré comme un malheur, et dont ils cherchent à adapter les procédures juridiques à leurs querelles internes. Par un effort anxieux, ils y cherchent leur droit. À la façon dont les Français actuels s’efforcent de considérer la guerre contre l’Allemagne, qu’ils ont voulue, comme une revendication morale, ils exigent la reconnaissance des autres peuples, oui : des Allemands eux-mêmes. L’œuvre d’Hermann Grimm (1828-1901) est enracinée dans la vie spirituelle allemande au point que l’on peut dire : quand il exprime une belle pensée, il est comme pénétré par la conscience de parler sous mandat spirituel de son peuple. Il use de paroles pour lesquelles il devait avoir la certitude : si le peuple allemand tout entier pouvait s’exprimer, il emploierait de telles paroles afin de dire l’état d’esprit dans lequel il conçoit sa propre volonté à l’intérieur de l’humanité prise dans son ensemble. Hermann Grimm ne veut pas dire : ce qui existe d’un tel état d’esprit dans la vie moderne de l’humanité peut empêcher la guerre. Il parle de son devoir de penser : les Français veulent la guerre contre l’Allemagne. Mais qu’aussi cet état d’esprit conservera sa force tout au long de la guerre, cela devait être la conviction d’Hermann Grimm quand il exprimait les pensées qui précèdent. Les ennemis du peuple allemand parlent actuellement comme s’ils tenaient pour prouvé que les causes uniques de cette guerre résident exclusivement dans le manque de compréhension des Allemands pour une telle opinion. Comme si le résultat de cette guerre devait être de contraindre les Allemands à la compréhension d’une telle opinion. Comme si les esprits allemands compétents s’étaient assigné, auprès de leur peuple, d’extirper cette manière de penser. ...

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