Steiner Rudolf - L'évangile de Jean Quatorze conférences


Auteur : Steiner Rudolf
Ouvrage : L'évangile de Jean dans ses rapports avec les trois autre Evangiles et notamment avec celui de Luc. Quatorze conférences faites à Kassel du 24 juin au 8 juillet 1909
Année : 1909

Lien de téléchargement : Steiner_Rudolf_-_L_evangile_de_Jean_Quatorze_conferences.zip

Le cycle de conférences qui paraît aujourd’hui en français fait partie d’une série qui se compose d’une soixantaine environ de recueils publiés en allemand pour un cercle de lecteurs privés. Les Éditions et les Suppléments de la Revue « Triades » ont pour but de faire paraître les traductions françaises de cette série de cycles qui représentent l’oeuvre privée de Rudolf Steiner. Bien qu’en principe ce cycle ne soit destiné qu’à des lecteurs qui connaissent déjà la vie et l’oeuvre de Rudolf Steiner et qui aient puisé dans ses livres une préparation pour cette lecture, quelques mots d’introduction sont ici nécessaires pour exposer au lecteur occasionnel dans quelles circonstances ces conférences ont vu le jour et à qui elles s’adressaient. Une offre faite à Rudolf Steiner de prononcer des conférences dans un milieu fermé, spécialement préparé pour recevoir l’enseignement qu’il allait pouvoir donner, fut la cause extérieure qui l’incita à briser le silence dans lequel depuis longtemps déjà ses idées mûrissaient. D’autre part, le temps était venu où l’ensemble de ses conceptions lui paraissaient avoir atteint la maturité nécessaire pour qu’une première expression en fût donnée. Il était passé par une discipline philosophique et scientifique à l’Université de Vienne, en Autriche, son pays natal. Il avait conquis son doctorat de philosophie et s’était ensuite vu confier l’édition des oeuvres scientifiques de Goethe aux Archives de Weimar. Cette tâche finie, il fut appelé à la direction d’une revue allemande « Magazin für Literatur ». Ces occupations extérieures eurent certes de l’influence sur son esprit, en raison des rapports qui par là s’établirent entre lui et un grand nombre des personnalités les plus représentatives de l’époque. Indépendamment de ces occupations, toutefois, la pensée de Rudolf Steiner suivait son chemin propre et arrivait à cette maturité dont nous parlions. Dès le début de sa vie, le monde des réalités spirituelles qui se révélaient intérieurement à lui avait à ses yeux plus de force, de vérité, que les perceptions du monde sensible. Et le travail de sa pensée philosophique avait consisté non seulement à rechercher le pont qui pouvait rattacher l’une à l’autre la vision intérieure et la vision sensible, mais aussi à faire de la réalité spirituelle le fondement de la connaissance du monde physique. L’oeuvre scientifique de Goethe lui fournit naturellement la transition qu’il cherchait, car elle repose toute entière sur un mode d’observation que Goethe luimême appelait sensible-suprasensible. Le retentissement d’un ouvrage comme celui d’Édouard Schuré « Les Grands Initiés », le développement du mouvement théosophique au début du XXe siècle, lui apparurent comme autant d’indications qu’était venu le temps où il trouverait des esprits capables d’accueillir son enseignement. C’est alors que des membres de la Société théosophique prièrent Rudolf Steiner de tenir pour eux des conférences sur des sujets concernant la vie de l’esprit. C’était en 1900, Rudolf Steiner avait alors trente-neuf ans. Et lorsqu’une section théosophique allemande fut fondée, c’est un véritable enseignement méthodique que peu à peu Rudolf Steiner communiqua à ses membres au cours de ces cycles de conférences. Il n’accepta cette tâche au sein de la Société théosophique qu’à la condition de garder entièrement la liberté de son enseignement. Il représentait en effet l’ésotérisme occidental et chrétien, alors que la théosophie était profondément engagée dans l’étude de l’ésotérisme oriental et bouddhique. Cette divergence devait d’ailleurs aboutir à une rupture qui se produisit lorsqu’Annie Besant présenta au monde le jeune Krishnamurti comme une nouvelle incarnation du Christ. C’était en contradiction flagrante avec l’enseignement de Rudolf Steiner ainsi qu’en témoignent les conférences qui suivent, faites plusieurs années avant la rupture. Pendant cette période de l’activité de Rudolf Steiner, à côté de son oeuvre écrite, destinée au grand public, il donnait un enseignement plus privé sous forme orale. Sa pensée était de ne confier d’abord ce qu’il enseignait ainsi qu’à la parole ; car celle-ci permet, mieux que le livre, l’expression vivante de certaines vérités spirituelles. Mais le groupe des privilégiés qui pouvaient assister à ces conférences était de moins en moins proportionné au nombre grandissant de ceux qui aspiraient à recevoir ces enseignements et ne pouvaient participer aux réunions. Rudolf Steiner parlait là où il était appelé, à Londres, à Rome, à Paris, dans les pays du Nord, dans toutes les grandes villes d’Allemagne, en Suisse, etc. Certes, dès le début, un petit nombre de ceux qui avaient reconnu dans cette science spirituelle le message le plus important qu’on puisse recevoir à cette époque, s’attachaient en quelque sorte à ses pas, le suivant dans les diverses villes où il était appelé. Mais cela supposait une liberté, une aisance de vie qui, même avant la première guerre mondiale, était assez rare. Et du grand désir de ceux qui étaient empêchés de recevoir directement l’enseignement de ces conférences naquit la nécessité de les sténographier, de les polycopier, en un mot de congeler la parole vivante dans le mot écrit. On ne saurait bien comprendre le ton des pages qu’on va lire si l’on n’évoquait pas ce milieu où elles ont été prononcées, et si l’on ne retrouvait pas, derrière le mot imprimé, la chaleur de la parole, la spontanéité de la forme parlée. Le cycle que Rudolf Steiner donna à Paris en mai 1906 est l’un des rares de cette série qui n’aient pas été sténographiés et dont nous ne possédions que des notes. Ce cycle de Paris fut publié d’après les notes prises par Édouard Schuré sous le titre « L’Ésotérisme chrétien ». Lorsqu’en 1912, à la suite des incidents créés dans la Société théosophique par la présentation du jeune Krishnamurti2, Rudolf Steiner quitta cette Société, ceux qui se rattachaient à son enseignement formèrent, dans tous les pays où il avait enseigné, une Société anthroposophique. Ils reprenaient par là un terme cher à Rudolf Steiner qui voyait la nécessité pour notre époque de parvenir à une connaissance de Dieu, à une « théo-sophie », par prise de conscience de l’homme, l’« anthropo-sophie ». Car à chaque époque correspond un message spirituel différent. S’il y eut des temps où une connaissance directe de Dieu était possible, si, dans un avenir qui s’annonce encore assez lointain, d’autres temps viendront où l’homme à nouveau recevra et cette fois en pleine conscience l’action directe de la sagesse de Dieu, notre époque doit passer par un approfondissement de la vie matérielle. Cette vie n’a pas conquis la puissance prépondérante qu’elle a sur les esprits sans qu’il n’y ait à cela une double raison : une certaine forme de conscience individuelle n’a pu d’abord être acquise qu’au moyen du physique et de la connaissance de tout ce qui est matière. Ensuite, cette matière même doit se révéler à nous comme le message de l’esprit, car dans la beauté des choses se révèle la splendeur divine. Notre époque, qui semble en apparence s’être tellement éloignée du Christ, est au contraire celle qui, par certains côtés, est la plus prête à le retrouver dans une compréhension nouvelle. Car en Lui l’esprit s’incarne jusque dans la matière et désormais l’humanité ne peut plus se perdre en pénétrant dans cette matière : elle peut l’y retrouver, si toutefois elle développe une acuité de regard suffisante pour discerner son action derrière les phénomènes. « Tout ce qui a été créé était Vie en Lui » (Saint Jean, ch. L v. 4). C’est donc par l’étude des phénomènes de la vie qu’on peut l’atteindre. La méthode goethéenne fut pour Rudolf Steiner un point de départ dans cette direction. Au travers de la métamorphose des formes, Goethe s’efforçait de saisir les forces suprasensibles qui seules permettent d’expliquer les transformations du vivant. La science moderne se heurte au problème de la vie sans parvenir à le résoudre, parce qu’elle ne possède pas de méthode qui lui permette d’atteindre ces phénomènes suprasensibles que beaucoup d’esprits modernes pressentent derrière les faits sensibles. La méthode de la connaissance du vivant aboutit nécessairement à la connaissance du Christ cosmique. Car depuis le Mystère du Golgotha le Christ est lié à ces forces suprasensibles qui agissent au sein de tous les phénomènes terrestres. C’est cet aboutissement nécessaire que Rudolf Steiner a vu et a fait voir à d’autres après lui ; c’est là qu’est le nerf vital de la science spirituelle qu’il a fondée. La solution des énigmes essentielles restera inaccessible à la science, si elle ne s’ouvre pas à de nouvelles méthodes d’investigation dans le domaine du spirituel. Quand ces méthodes pourront s’unir à la recherche scientifique, elles conduiront vers une conception toute renouvelée de l’évolution humaine. Elles montreront que l’évolution n’est ni un progrès en ligne droite, ni une répétition indéfinie, mais que son rythme évolutif, comme celui de tout organisme vivant, possède un centre, un point nodal où les forces de l’origine, du passé, viennent se rencontrer avec les forces de l’avenir. Ce point pour l’évolution de la Terre, organisme vivant, est marqué par la venue du Christ. Les pages qui suivent, ainsi que les autres cycles sur les Évangiles, forment la bae d’une christologie de l’avenir, celle qui guidera les hommes dans les relations nouvelles qui doivent s’établir entre le Christ et eux. Les religions n’ont laissé qu’entrevoir encore comment le Christ peut parler aux hommes par la voie intérieure, la voie du coeur. L’action d’une pensée spiritualisée révélera de plus en plus à l’esprit humain comment le Christ cosmique agit dans l’ensemble de la Terre. Les premières révélations données dans ce sens n’ont pu d’abord être faites qu’à un petit groupe ; mais il est devenu nécessaire pour notre époque qu’elles gagnent un plus grand nombre d’être humains. Paris, avril 1934. S. Rihouët-Coroze. ...

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